Equilibre sylvo-cynégétique

La forêt accueille de nombreux animaux dont certains font l'objet de prélèvements par le biais des plans de chasse.

Lorsque les populations de grands cervidés sont trop importantes, il devient difficile d'assurer une gestion durable de la forêt (dégâts sur les plantations, régénérations, ...) entrainant un surcout lors du renouvellement des peuplements.

Définitions de l'équilibre sylvo-cynégétique

L’article L. 425-5 du code de l’environnement précise que « l'équilibre agro-sylvo-cynégétique consiste à rendre compatibles, d'une part, la présence durable d'une faune sauvage riche et variée et, d'autre part, la pérennité et la rentabilité économique des activités agricoles et sylvicoles. (Il) est recherché par la combinaison des moyens suivants : la chasse, la régulation, la prévention des dégâts de gibier par la mise en place de dispositifs de protection et de dispositifs de dissuasion ainsi que, le cas échéant, par des procédés de destruction autorisés. (…) L'équilibre sylvo-cynégétique tend à permettre la régénération des peuplements forestiers dans des conditions économiques satisfaisantes pour le propriétaire, dans le territoire forestier concerné. ».

 

Les propriétaires sont donc tenus, dans les documents de gestion, de déterminer leur politique cynégétique, le législateur marquant par là même, qu’ils sont comptables de la gestion du gibier. Ils doivent, par ailleurs, veiller à améliorer les biotopes tout en exigeant des chasseurs qu’ils pratiquent une gestion équilibrée des gibiers ne mettant pas en péril la perpétuation et la diversité des habitats forestiers. Une telle gestion favorise la qualité du cheptel et sa diversité. Elle s’inscrit dans le respect des équilibres faunistiques. Le domaine vital des espèces chassées excède généralement la surface d’une propriété. La saine gestion des espèces animales suppose de définir les modalités de la chasse et de l’aménagement des milieux sur des espaces correspondant au moins à cet espace vital (unité de gestion).


Animal concerné

Dégâts

Période

Végétation forestière

et hauteur des blessures

Chevreuil

Abroutissements (♂ et ♀)

Printemps/Eté

Jeunes plants feuillus et résineux

(< 1,10 m)

Frottis de frayure (♂)

Février à Mai

Jeunes plants feuillus et résineux

(< 80 cm)

Frottis de rut (♂)

Avril à Août

Jeunes plants feuillus et résineux

(< 80 cm)

Cerf

Abroutissements (♂ et ♀)

Hiver/Eté

Jeunes plants feuillus et résineux

(< 1,80 m)

Frottis de frayure (♂)

Juillet à Septembre

Jeunes plants feuillus et résineux

(< 1,50 m)

Frottis de rut (♂)

Août à Octobre

Jeunes plants feuillus et résineux

(< 1,50 m)

Ecorçage (♂ et ♀)

Hiver/Eté

Feuillus et résineux dont l'écorce est fine jusqu'à l'âge de 30/40 ans

(< 1,80 m)

Lapin

Abroutissement

Hiver/Eté

Jeunes plants feuillus et résineux

(< 50 cm)

Rongement d'écorce

Hors sève

Jeunes plants feuillus et résineux

(< 50 cm)

Lièvre

Abroutissement

Hiver/Eté

Jeunes plants feuillus et résineux

(< 70 cm)

Rongement d'écorce

Hors sève

Jeunes plants feuillus et résineux

(< 70 cm)


Quelques définitions :

Abroutissement : consommation de jeunes pousses ou rameaux.

Frottis de frayure : blessure causée aux arbres par les bois des cervidés mâles lorsqu'ils cherchent à se débarrasser du "velours".

Frottis de rut : blessure causée aux arbres par les bois des cervidés mâles lors du marquage de leur territoire en période de rut.

Ecorçage : le cerf détache avec ses dents des parties d'écorce pour les consommer.

Rongement d'écorce : les lapins et lièvres (ainsi que quelques petits rongeurs) rongent les écorces des jeunes plants à la base.


Pourquoi parle-t-on d'équilibre sylvo cynégétique ?

Lorsque des dégâts sont occasionnés dans une parcelle agricole par des animaux "chassés", l'agriculteur a la possibilité de toucher une indemnisation de ces dégâts.

La problématique n'est pas la même dans le milieu forestier, puisque les dégâts forestiers causés par les cervidés par exemple ne sont pas indemnisés.

Lorsque ces dégâts sont de faible importance et qu'ils ne portent pas préjudice à l'avenir du peuplement forestier, les propriétaires acceptent une part de perte.

Mais lorsque la présence des animaux est telle qu'il faut envisager une protection systématique des jeunes plantations voire des régénérations naturelles, alors on considère que l'équilibre entre les populations de cervidés et le bon développement de la forêt est rompu. Lorsque cet équilibre sylvo‑cynégétique est rompu, c'est l'activité forestière qui peut être remise en cause.


Un outil pour atteindre l'équilibre sylvo cynégétique : le plan de chasse !

Le plan de chasse est le principal outil dont l'application est censée assurer un équilibre entre les activités forestières et la présence des animaux.

Les plans de chasse ont été institués en 1963 et étendus à toute la France en 1979 pour les cervidés. Leur but était de restaurer, entre autres, les populations de chevreuils.

Le plan de chasse est établi par espèce de grand gibier afin de déterminer, pour un département, le contingent d'animaux à tuer par espèce chassable.

Le plan de chasse est arrêté et mis en œuvre par le préfet, il est fixé après consultation des représentants des intérêts agricoles et forestiers.


Quelques aménagements favorables

 • Une forêt gérée par parquets de quelques hectares avec des clairières, multipliant les effets de lisière, comprenant des peuplements d’âges variés (jeune taillis, fourré, futaie adulte) est favorable. Elle augmente la capacité d’accueil, et réduit l’impact sur la régénération naturelle.

• D’une façon générale, la pratique d’éclaircies dans les peuplements lui est favorable. La mise en lumière du sous-bois favorise le développement de la strate ligneuse et herbacée.

• Il est également conseillé de multiplier les cloisonnements et layons de pénétration qui favorisent la pratique de la chasse et augmentent l’offre alimentaire.


 

Page reprise sur la base d'un article du CRPF Limousin.