Les feux de forêts, un risque qui s’aggrave

Avec le changement climatique, les feux de forêt deviennent un risque majeur.

  • De plus en plus de régions sont concernées. Par la passé, c’est le pourtour méditerranéen (régions Sud et Occitanie, jusqu’en Ardèche et en Drôme) et le massif aquitain qui étaient les plus à risque. Désormais, de nouvelles zones sont aussi concernées, notamment le nord-ouest de la France : Pays de la Loire, Centre-Val de Loire et Bretagne.
  • La période à risque s’étend. Elle débute maintenant dès les premiers jours du printemps, suite à des hivers secs, et se prolonge en automne, à la faveur d'épisodes de canicule tardifs.
  • La sécheresse aggrave les risques. Le déficit en eau accroît la sensibilité de la végétation et le risque de départ de feu : la moindre étincelle devient dangereuse.
Incendie Gonfaron 2021 - Anthony Cubaye © CNPF
Photo Anthony Cubaye © CNPF

Un incendie a un impact immédiat et brutal sur le milieu naturel. Il a également un impact à moyen et long terme qui est extrêmement variable selon la fréquence et la taille des feux. Dans les endroits où le feu passe 2 à 4 fois en 40 ans, la répétition des incendies a pour conséquence une régression biologique.

Ne jouez pas avec le feu !

Les forêts ne s'enflamment pas toutes seules : 9 feux sur 10 sont d’origine humaine, 1 sur 2 est causé par une imprudence.

Chaque année, une campagne de prévention est menée pour rappeler les consignes de prévention et inciter chacun de nous à préserver le patrimoine forestier. Devenez acteur de la prévention en diffusant les bons réflexes : ni feu ni barbecue en forêt et à ses abords, pas de cigarette en forêt ! Des consignes #FeuxDeForet à relayer sans modération ! 

Vérifiez si les massifs sont accessibles si vous souhaitez aller en forêt ou randonner, et alertez au plus vite si vous êtes témoin d'un départ de feu.
 

Visuel Feux de forêts - Prévenir les départs de feux

La Défense des forêts contre l’incendie (DFCI)

La défense de la forêt contre l’incendie (DFCI) est pilotée par le ministère en charge de l’agriculture. Elle repose sur une politique globale d’aménagement et d’entretien de l’espace rural et forestier, régie par le Code forestier. Sa mise en œuvre repose notamment sur les plans de protection de la forêt contre l’incendie (PPFCI), souvent établis à l’échelle du département, et leurs déclinaisons en plans de massifs.

D’autres initiatives locales visent aussi à aménager et équiper les massifs pour la prévention et la lutte contre les incendies, comme les Plans Intercommunal de Débroussaillement et d’Aménagement Forestier (PIDAF).

Dans le Massif des Landes de Gascogne (Gironde, Landes, Lot-et-Garonne et Dordogne), les propriétaires forestiers se sont organisés pour la DFCI. Ils participent directement à son financement, par une taxe à l’hectare, versée à des associations syndicales autorisées (ASA) de DFCI. Ces structures sont financées, gérées et animées par les propriétaires forestiers eux-mêmes.

Lors des incendies, le CNPF peut participer aux cellules de crise mises en place pour coordonner les actions de lutte. Les agents du CNPF peuvent aider la DFCI à trouver des exploitants avec des machines disponibles pour créer des pare-feu. Ils répondent également aux appels inquiets des propriétaires forestiers et les tiennent informés.
 

Débroussailler pour protéger les biens et les personnes

Obligations légales de débroussaillement (OLD)

La majorité des départs de feux démarrent le long de voies de communication ou depuis des constructions. Dans les zones particulièrement exposées au risque incendie, des obligations légales de débroussaillement (OLD) sont à respecter en priorité : pour diminuer la biomasse combustible et diminuer l’intensité du feu, faciliter ainsi l’intervention des services de secours, et leur permettre de combattre les feux naissants dès leur départ. 

En pratique, le débroussaillage (ou débroussaillement) consiste à réduire aux abords des forêts les matières végétales de toute nature pouvant prendre feu, par exemple d'élaguer les arbres ou arbustes, ou d'éliminer des résidus de coupe : branchages, feuilles, herbe...

Ces travaux sont à la charge du propriétaire du terrain. Dans le cas général, les zones concernées sont les abords des constructions sur une profondeur de 50 mètres, et de part et d’autre des chemins d’accès aux bâtiments sur une largeur de 10 mètres, sans tenir compte des limites de propriété - que le feu ne connaît pas ! Des spécifications particulières peuvent être précisées dans les documents d’urbanisme et par des arrêtés préfectoraux. 

Un guide technique édité par le ministère en charge de l’Agriculture détaille ces obligations et les différents cas de figure en pratique.

Illustration extraite du guide pratique édité par le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur « Le débroussaillement : une obligation ».

La gestion durable, première étape de la prévention contre les feux en forêt

Les propriétaires forestiers qui se dotent d’un document de gestion durable, prennent en compte dans leur réflexion les risques d’incendies que présentent leurs parcelles boisées : quantité de masse combustible et difficultés d’accès, notamment. 

De ce fait, les forêts ainsi gérées sont généralement moins sensibles aux incendies : les éclaircies permettent de diminuer la masse combustible, et l’amélioration de la desserte forestière facilite l’accès aux services de secours. 

Dans les territoires d’élevage, la création de coupures vertes, en crête ou en bande, fournit des zones pâturables et est un élément de la prévention des feux de forêts. Sous forêt, le pâturage contribue à réduire le risque, par l’entretien du sous-bois, et dans des forêts plus éclaircies et aux arbres élagués pour favoriser le déplacement des bêtes.
 

De l'utilité de l'éclaircie national Désactivé

Que faire après un incendie ?

Si le feu met peu de temps à détruire la forêt, la restaurer est un travail de longue haleine. Il ne faut pas le faire dans la précipitation. Une fois le feu passé, des actions de restauration sont à mettre en œuvre : mise en sécurité et exploitation des zones brûlées, préservation des sols, puis selon le contexte accompagnement de la régénération naturelle ou plantation.

Un minimum de diagnostic est indispensable au préalable, afin de déterminer ce qui a été brulé, avec quelle intensité, et à quelles techniques peut-on recourir. Cette analyse de terrain est complétée par une analyse foncière, pour déterminer les propriétaires touchés par le sinistre et, en fonction des enjeux propres à la zone incendiée, par des volets spécifiques : paysage, environnement.

C’est une démarche qu’il est souvent difficile de faire seul, surtout quand sa propriété est de petite taille. Se regrouper avec ses voisins permet d’agir de manière plus efficace et coordonnée.

Le technicien du CNPF de votre secteur peut répondre à vos questions et vous accompagner dans la suite des actions de restauration à mener, en partenariat avec l'ensemble des acteurs du territoire mobilisés.