Dans le cadre du projet MC4CO2, une enquête téléphonique a été conduite au premier semestre 2025 par le CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) auprès de 1 000 propriétaires forestiers du Massif Central.
Son objectif : mieux comprendre leur perception de la contribution carbone et identifier leurs attentes et freins vis-à-vis des projets carbone forestiers.
Premier enseignement majeur : 41 % des propriétaires se disent prêts à faire évoluer leurs pratiques sylvicoles pour contribuer à la lutte contre le changement climatique, sous réserve d’une aide financière. Les pratiques telles que l’enrichissement, la libre évolution, le reboisement, les éclaircies, la diversification des essences, l’allongement des rotations et, dans une moindre mesure, le boisement sont majoritairement bien perçues, ce qui traduit une volonté d’agir pour le climat dès lors que l’effort est reconnu et accompagné.
L’enquête révèle par ailleurs que 30% des propriétaires ont déjà entendu parler du Label bas-carbone (LBC), ce qui témoigne d’une notoriété non négligeable. Ils sont 36% à se dire prêts à s’engager dans un projet labellisé bas-carbone, sans préférence claire entre les différentes méthodes forestières existantes (boisement, reboisement, balivage ou gestion à stock continu).
Cette ouverture reste toutefois limitée par plusieurs réticences fortes. En effet, 78% des propriétaires rejettent l’idée de s’engager dans un cadre contractuel avec un financeur, qu’il s’agisse d’une obligation de moyens ou de résultats. Autre point de vigilance : seuls 25% des propriétaires accepteraient de gérer leur forêt avec un document de gestion, proportion qui ne dépasse pas 44% chez les propriétaires de plus de 20 hectares (or, faire agréer un document de gestion durable est obligatoire pour réaliser un projet LBC). Ces résultats pourraient traduire une appréhension des contraintes juridiques et d’une perte de liberté dans la gestion, constituant ainsi un frein important au développement de projets carbone forestiers.
La cessibilité des crédits carbone, c’est-à-dire la possibilité pour un financeur de revendre les crédits générés par un projet à un tiers, est également très majoritairement rejetée : 62% des propriétaires y sont opposés et 20% ne l’accepteraient qu’en l’absence de toute autre solution de financement. Cette réticence revêt une importance particulière dans un contexte où la cessibilité a été actée par le ministère de la Transition écologique en septembre dernier.
Enfin, comme lors de précédentes études, une fracture générationnelle apparaît nettement : les propriétaires les plus jeunes sont ceux qui agissent le plus concrètement dans leur forêt et sont les plus intéressés par la contribution carbone et les projets LBC, tandis que les propriétaires plus âgés restent les plus réticents.
Ces enseignements constituent désormais une base essentielle pour ajuster les actions du projet MC4CO2 et proposer un accompagnement mieux ciblé, afin de favoriser le développement de projets carbone forestiers compatibles avec les attentes et les réalités des propriétaires du Massif Central.
Un rapport détaillé des résultats de cette enquête sera publié prochainement sur la page du projet sur le site du CNPF.